Dubblestandart - Majiruana Dream
Par Ara le lundi 14 mars 2011, 08:42:00 - Electro dub
Un voyage, une fille, un dub. Le voyage : Stockholm, la fille, une autrichienne rencontrée autour d'un verre, le dub : Il s'agit du collectif autrichien en fonction sous le nom de Dubblestandart.
Petit tour sur le site officiel du groupe a la recherche d'un album récent, et je tombe ainsi sur Marijuana Dreams, ce que le groupe en dit tient en quelques lignes : loin de promouvoir l'usage de cannabis, mais lassés d'être de plus en plus abreuvés par des « images, sentiments virtuels s'avérant souvent faux » les Autrichiens ont décidé de faire un album pour « atteindre notre âme ». Un disque à vocation militante donc, ayant pour but de nous faire réfléchir sur le monde qui nous entoure de plus en plus « digitalisé », et pourquoi pas nous rendre la vie meilleure « comme un rêve sous marijuana »
Après ce petit topo des plus alléchants, je répond donc a leurs invitation comme il se doit en lançant le disque et je m'installe confortablement dans mon canapé.
L'ambiance du disque s'installe immédiatement : c'est lent, beau, calme, et comment dire... naturel. C'est à dire que effectivement, à l'écoute du premier dub, on sent qu'il y'a quelque chose de différent, de presque insaisissable, la faute à qui ? La rythmique reggae à la guitare ? La voix envoutante de Gugabriel ? La ligne de basse énergique ou des effets parfaitement dosés ? Dur de répondre, et si c'était tout simplement l'identité même de l'album.
Ainsi, si à première vue l'album semble tenir ses promesses, à l'écoute des 3 premiers morceaux, qui sont plus orientés reggae, j'ai du mal à rentrer pleinement dans l'album : certes les mélodies incitent au rêve et à la méditation, mais l’envoûtement des premières tunes est cassé par les vocaux, au flow rapide typique du dancehall, mais décidément trop agressifs. Il faut attendre le changement de cap opéré avec They Become One, qui est un dub dans la pure tradition, avec sirens, mélodies synthétiques oniriques, et effets digitaux transperçant les enceintes pour vraiment décoller et apprécier entièrement cet album.
Les 3 morceaux suivants restent dans la lignée amorcée précédemment : des dubs légers, sereins et calmes, ici tout le panel de sonorités et d'effets : basse minimaliste, rythmes de batteries lent, reverb, échos... sont un doux charme pour les oreilles de l'auditeur, et l'excellente Saints go Marchin, avec des lignes de synthétiseurs sublimes, lentes, envoûtantes et mélancoliques, et le mélodica, totalement hallucinant, apporte une intensité dramatique des plus appréciables à la mélodie.
Mais soudain, cerise sur le gâteau, arrive la sublime version dub de Chase the Devil, avec Lee Perry et Gudrun en renfort, mixé par Sin City. Le tout forme un cocktail de dub psychédélique. Cette chanson constitue le point culminant du trip, celui avec lequel vous allez resté définitivement scotché pour la fin du voyage, car en effet si la première partie nous offre des dubs simples et épurées après cette tune monstrueuse, le groupe s'est autorisé un espace d'expérimentation beaucoup plus large, on retrouve ainsi les premiers titres de l'album en version dub, qui sont beaucoup plus poignants et plus envoutant. Le « marjiruana dreams » prend tout son sens, et certaines chansons sont susceptibles de mettre une claque, avec notamment une petite surprise sur la dernière track, la fameuse Chrome/Optimism qui avait fait connaître le groupe l'année dernière, remixée en version dubstep par NYC’s Subatomic Sound System.
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