Pré

Avoir fait des concerts dès leurs début en compagnie de grands noms de la scène dub français (High Tone, Brain Damage, Highlight Tribe), leur a donné une bonne dose de professionnalisme et une certaine assurance sur scène.

Ils nous offrent donc un album en ce début d'année mélangeant rock, dub, électro.

La ou Sakya se distingue des autres formations françaises c'est par leur éloignement progressif du dub au profit d'une musique beaucoup plus rock, donnant un coté méchamment puissant à leurs compositions.

A l'écoute des deux premiers morceaux, l'effet est quasi immédiat : on bat le tempo du pied, on oscille entre des tendances rock sombres et du gros métal effréné, sauvage et puissant.. Pour le premier morceau l'envie de bouger se fait immédiatement ressentir, on alterne entre un état de béatitude et le pétage de plomb. En effet quand on croit que tout se calme, -c'est pour mieux vous faire bouger de la tête, guitares à l'appui et distorsions à fond. Sentiment confirmé avec le deuxième morceau, ca commence fort avec un pattern de batterie électronique, sombre, froid, les guitares alternant entre grosses rythmiques lourdes et arpèges, mélodieux lancent une complainte malsaine qui déchirent l'espace. - Le chant lyrique de Benat Achiary, professeur de chant au conservatoire de Bayonne, vient renforcer le coté malsain et oppressant du morceau, nous livrant au final un morceau de rock progressif très sombre, frénétique et furieux.

Sakya nous fait ensuite voyager vers des horizons encore plus lointain, plus aériens avec des morceaux mélangeant influences en tout genre : asiatique avec Ghost , qui est une lente envolée onirique vers l'Asie, basée sur le chant de Ghost In The Shell 2. Puis vient une descente dans les caves infernales du groupe avec Aerith, mélange réussi et savant de... de quoi au juste? Le morceau évolue tellement, est tellement touffu que s'en est déroutant si on veut y coller une étiquette de style : sombre intro à l'orgue, patterns de batterie jungle, lignes de basses fuzz a fond, skanks à la guitare et à l'orgue, un cocktail d'une puissance et d'une cohérence incroyable, il suffit de fermer les yeux, et de se laisser guider par l'évolution de la musique pour saisir l'incroyable fureur de ce jeune groupe qui lassé de faire « du dub "mou" et répétitif » (selon le guitariste Thibault Laisnes), a lâché la violence qu'il contenait en lui pour l'influer dans leurs album, fureur et violence omniprésentes sur Nawack dernier titre de l'album qui reste également la meilleur trace du dub originel de Sakya, le morceau varie ainsi entre dub et métal avec des cris et des voix tout droit sorties de la nuit, le morceau a la base s'appelant Dark Sleeping, on comprend pourquoi.

A noter également que Sakya à sorti un clip de leurs chanson Gare ou Sel, en compagnie elle aussi de Benat Achiary au chant et a la voix, chanson qui est un trip féerique et poétique qu'on pourrait croire sorti de Napthaline, le clip quant à lui retranscris parfaitement l'univers du groupe.

Liens