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Il faut le dire dès maintenant, cette session fut énorme.
En effet après quelques interviews (bientôt en ligne) et un petit tour en ville histoire de manger quelques sushis pour se mettre dans l’ambiance, on arrive dans la MJC des Bourroches au alentour de 22h30. Sensée commencée à 22H, la salle est déjà complètement pleine. D’ailleurs l’inquiétude des organisateurs était visible dans l’âpres midi « La soirée c’est aussi pour les Dijonnais » nous confiait François Dubatriation « mais on a une capacité maxi de 300 personnes, et y a déjà 200 préventes/réservations… Il va falloir qu’ils arrivent tôt... ». L’événement était de taille, puisque Tribe Works jouait pour la première fois et pour une date unique en Europe, du coup les réservations et les gens sont arrivés d’un peu partout : Paris, Grenoble, Lyon, Pau, Bourges, les dub Sèvres, mais aussi de Suisse ou d’Allemagne… La salle qui est une MJC est d’une taille assez modeste où les 3 murs de Revelation Hifi occupent bien l’espace, un bar est installé sur l’estrade et les consos ne sont pas chères. Une taille de salle qui convient bien à ce genre d’événement puisque même si en début de soirée on était un peu serrés ; plus tard des espaces se sont crées pour danser devant les miroirs, comme des ballerines. Vous pourrez voir dans les différentes photos de la session, une atmosphère intimiste mais qui ne laissait pas beaucoup de place à la maraude, tant le public était concentré dans le cercle formé par les enceintes.

_MG_4357.jpgLe public était principalement un public de connaisseurs et on a pu voir beaucoup de têtes connues tandis que les « locaux » étaient des djeuns fétards venus de divers horizons musicaux et culturels ! Tout ce joli petit monde était venu profiter du son, faire la fête et tout s’est super bien passé, dans une ambiance bonne enfant.




_MG_4390.jpgLors de notre arrivée, Kingston Connexion (aka Jacques) fini juste la dernière tune d’un warm up pour tester le matos, et redonne la main à Greg de Revelation Hifi. Au micro Peter Youthman, pose son flow rub a dub sur la sélection qui va du roots au digi-roots en passant par un petit Bob Marley et consorts. Revelation Hifi prend la dimension de la salle en travaillant une sélection roots to steppa, comme pour faire le lien entre l'ancienne et la nouvelle école. Avec une nonchalance bienvenue, ils enfilent les tracks en nous sortant quelques pépites pull-upées comme il se doit par un public de plus en plus attentif. Deux bonnes heures de sélection ruffs, ou le micro sera partagé entre Brother IKO le MC qui accompagnait Kingston Connexion, Ras Mykha et Peter Youthman. Chacun dans leur style et avec plus ou moins d’inspiration dans les lyrics, ils ont préparés le public à la venue des japonais.

Leur arrivée fut saluée comme il se doit, ils sont venus à 5 du pays du soleil levant, Ras Ume l’opérateur, Ras Seki le MC, Sister Yumi qui tient le shop Orange Street Records à Tokyo et deux accompagnateurs. Une première tune ultra roots, puis sans passer au dub, Ras Seki prend le micro dans un silence religieux… il introduit la session par quelques remerciements, ils étaient vraiment honorés pour pouvoir se produire en France comme il nous le dirons avant le début de soirée. C’est sur des tunes assez rares qu’il nous emmènerons, avec de vieux enregistrements jamaïcains, rock steady ou early reggae, du Studio One puis du roots, du roots, du digiroots… Quelques tunes japonaises, mais ca ne fut pas la généralité, du King Earthquake, des productions Control Tower… En tout cas une très bonne sélection construite de manière chronologique pour finir par du digital.

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La petite originalité vient du fait qu’ils ne jouent que rarement les faces B et les dub sont souvent absents. Ce n’est pas forcément gênant, je n’ai personnellement pas été gêné par cela. Du coup l’enchainement des morceaux est très dynamique et Ras Ume a souvent la tète dans le bac de disque. Cette manière de mixer est un peu étonnante pour nous, européens, habitués au mix enlevés des dub stations, mais force est de constater que cette manière old-school revisite un peu les standards. Il y a un peu de Aba Shanti I dans cette manière de mixer, comme si le public japonais avait façonné le mix de Tribe Works en déballage de tunes plutôt qu'en mix dub pur. La barrière de la connaissance et de la langue oblige nos camarades à être plus concis dans l'approche du mix, tout en respect pour la tune, obligeant le sélecta à garder le rythme pour étonner sans cesse. Ras Ume sort les tunes à la pelle et Ras Seki quand à lui amine un peu mollement la session. Il ne joue pas réellement le rôle de chanteur mais plus celui d’animateur, il relance les tunes et comble les manques.

C'est assez intéressant de voir que Tribe Works a joué le jeu de nous montrer comment ils opéraient dans le pays du soleil levant, sans se travestir à la sauce européenne (même si on sent une forte inspiration). Ras Ume avait ramené des tonnes de vinyles, mais un pitch défaillant sur la platine l'obligea très rapidement à passer en format CD, ce qui fût un peu triste quand on connaît la profondeur des bacs de Tribe Works. En effet, le crew s'appuie sur l'expérience de Sista Yumi de Orange Street Records pour accumuler des tueries depuis 20 ans, mais en vinyle seulement, dommage… Maintenant, quand on voyait les mines réjouies autours de nous, ça n'a pas entaché la dance, bien au contraire. Ce coté plus old school, plus cross-over à la Saxon par exemple, est assez rare aujourd'hui autour des boxs et cette soirée a été sweet sur tous les aspects. Même si les plus exigeants d'entre nous ont sans doute regretté de ne pas s'enflammer sur des raretés qui marqueraient plus précisément les différences West/East.

Pour le dub fi dub, Kingston Connexion relança la sauce avec ses dubplates perso, poussées en dB qui firent un lien bien vivant avec les tunes plus modernes de Revelation et les studio One tune de Tribe Works.On a pu voir aussi Kingston et Revelation se partager le set en jouant les special dubplate de Jaques à la sauce Revelation et cette association nous a permis de redécouvrir le son yardie à la sauce hot steppa, Wheel Up mi Selecta…
Des vibes différentes dans un lieu chaleureux avec que des passionnés, que demander de plus ?
Une version dub en plus, sans doute…



Retrouvez sur Talawa l'enregistrement complet de la soirée en super qualité, un gros merci à ojtovsky
Un gros merci à Skanky yard pour l'organisation et tout particulièrement à Redi pour son accueil.