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Samedi soir : Shaka !


Arrivé dans les tout premiers pour être sûr de ne rien manquer, les portes du dub club du Dome ne s’ouvriront qu’à 21h30. Le temps pour moi d’aller prendre la température vers un groupe de français repéré au loin. « Alors les mecs, vous avez déjà vu Shaka à Londres ? « Non ! » me répondent-ils tous en cœur, « jamais en Angleterre ». «Après tout ce que l’on a entendu, on attend vraiment de voir ça !» Effectivement, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai lu ou entendu l’interview d’un artiste dans laquelle il explique avoir eu sa première expérience de sound system lors d’une dance de Shaka et ne s’en être jamais remis, tel un prêtre qui convertit toute une assemblée en une seule messe

A l’ouverture, seulement une trentaine de personnes sont là, un peu surprenant, mais c’est tant mieux, l’attente sera moins longue. Passé la fouille rapide des vigiles, qui n’autorisent ni appareil photo/vidéo, ni boisson et ni nourriture, on arrive vite dans l’arène : 4 petits stacks éparpillés dans chaque coin de la salle, un bar, un stand de merchandising et le maître installé à côté de sa tour de contrôle. Ici, pas de barrière pour protéger le matériel et délimiter l’espace, Shaka est tout naturellement mélangé au public. Au sol, des sacs Lidl ou autre cabas en plastique, posés à l’arrache, qui contiennent toutes les pépites vinyle de Shaka. Les sacs ne bougeront pas de là, et Shaka passera la moitié de son temps accroupi au sol pour faire ses sélections, un détail parmi tant d’autres !

Côté technique, le sound de Shaka est définitivement unique : une control tower tout en métal, qui ressemble plus à un pylône électrique qu’à un rack de sound system, et des petits modules individuels, en métal eux aussi, qui doivent faire office de préamp. Sur le côté, un mini rack d’effets, avec notamment son fameux delay H&H. Le reste du matériel, et notamment les amplis, sont cachés du public….

Deux bonnes heures de warm-up, sans micro, sans sirène. Shaka prend le temps de s’échauffer, au point même de laisser des blancs de 30 secondes entre deux tunes. Frustrant pour certains, cela fait tout simplement parti du personnage! Petite anecdote, c’est lui-même qui démonte son delay quand celui-ci a un problème pendant la session, là où certains auraient laissé faire je ne sais quel technicien.

A minuit presque tapant, le premier rewind arrive, tel un message adressé au public : on attaque les choses sérieuses. La sirène retentit aussi pour la première fois dans la foulée, pendant un « Do you know » de Sister Aisha, recut du dubplate que Robert Tribulation avait produit et qui est sorti en 12’’ cette année sur Mellow Vibes.

Il est déjà 1h quand le maître se décide à prendre le micro pour poser sa voix sur le riddim efficace de Kibir La Amlak, Lion Step. On y retrouve le même phrasé que dans cette vidéo mythique au Japon. Cela restera tout de même une des seules fois de la soirée, il passera la plupart de son temps les mains occupées dans les sacs de vinyles ou sur les potards de ses machines.

Il jouera ensuite ce qui sera l’un des tunes les plus joués du week-end, le grand classique de Dub Judah, Babylon is a Trap, qu’il enchaîne naturellement avec une autre tuerie de Judah, Mandatious, sorti récemment sur Sip a Cup. C’est d’ailleurs en entendant ce tune que je me rends compte que Shaka fait sonner les morceaux comme personne : tout d’abord full bass, il ne les coupe simplement jamais et ne joue des morceaux qu’avec une basse tout le long, ce qui contribue largement à la lourdeur de son son. Il joue également parfois avec un égaliseur pour ajouter une distorsion sur la basse, chose que j’avais rarement entendue en sound et qui caractérise également le son Shaka. Puis parfois, il ne joue que la basse, pendant facilement une minute ou deux, histoire de faire monter la transe

Ensuite il pitch légèrement certains morceaux pour adapter les tempos, le Mandatious sera par exemple légèrement accéléré.

Et enfin les aigus, qui pour moi sont vraiment caractéristiques de Shaka : un son crissant, distordu, uniforme sur tous les morceaux, difficile à décrire mais qui rend toutes les lignes de charleston vraiment particulières. Un peu trop d’ailleurs à mon gout, mes oreilles plutôt sensibles aux hautes fréquences, ont apprécié la mini scène surélevée sur le côté de la salle : une fois placé au-dessus de tout le monde et surtout des speakers, le son était vraiment appréciable.

La suite de la soirée continuera avec une sélection sur un rythme en escalier : la tension grimpe d’un cran sur l’échelle De Richter entre chaque tune, mais on prend toujours bien soin de régulièrement redescendre d’un cran pour mieux repartir de plus belle. Shaka joue avec l’enchaînement des rythmes et prend soin de faire varier la vibration entre chaque galette. Une session de Shaka, ce n’est pas du roots au début pour finir sur du gros dubwise à faire trembler les murs, c’est 6h d’enchainement continu, pas vraiment de temps fort, que des temps Shaka.

Je profite également d’un passage au bar, ou les prix des consos sont d’ailleurs très acceptables, pour aller tâter la température au cœur de la danse. Placé juste devant le maître, l’atmosphère est clairement unique : la transe est désormais installée, une mama est là, elle semble complètement envahie par les vibrations sans avoir eu besoin de prendre une quelconque drogue. Shaka, avec son air nonchalant, est imperturbable, concentré sur sa sélection du début à la fin.

3h du matin, je récupère enfin mon appareil photo et tente, avec l’autorisation de la manager de Shaka, de prendre quelques clichés du maître en action : à peine le temps de faire quelques réglages depuis le balcon que l’homme de bras de Shaka m’interpelle violemment et me force à arrêter sous peine de me virer de la soirée. Je connaissais la réticence du monsieur à ce sujet, mais je ne savais pas qu’on risquait autant pour si peu…Bref, il doit être le seul à pouvoir se permettre ce genre de comportement et il ne se fait pas prier, passons !

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3h45, les lumières s’allument, annonçant le dernier quart d’heure de la soirée. Et la surprise du chef, c’est de jouer comme last tune une production française sortie presque incognito en free release dans la compilation Dub Vibrations #1 de reggaedub.be, j’ai nommé Tonka du Bordelais Hatman ! Après quelques recherches, ce n’est en fait pas la première fois que Shaka joue Tonka , ni même la première fois qu’il la joue en last tune, mais tout de même, finir une session sur une production française en free release ne doit pas arriver souvent ! Une consécration énorme pour le dub francais, au même stade que la première de Blackboard ou Lion Roots à L’université of Dub. Big up Hatman !

La soirée se termine ainsi, laissant un public vidé de toutes ses forces et sûrement marqué par ce dépucelage Londonien. On peut clairement l’affirmer, Shaka à Londres, ce n’est pas Shaka en France, ce n’est pas qu’une sélection mortelle, ce n’est pas qu’une basse puissante et des aigues stridents mais un ensemble qui se doit d’être vécu du début à la fin, une transe non-stop et un personnage unique, c’est Shaka, le Zulu Warrior…


Dimanche après-midi : Channel One, Jah Observer, Lord Ambassador - Notting Hill


Quatre heures de sommeil. Au réveil les oreilles ont encore quelques séquelles de la soirée précédente, et il est déjà l’heure de se préparer pour aller tout droit vers Notting Hill. Après quelques bons conseils donnés par les habitués, je décide de m’orienter du côté de Channel One et Jah Observer, tant pis pour Aba Shanti, je le verrais le lendemain. En effet, il y’a beaucoup de monde au Carnaval, et traverser Notting Hill dans ses conditions peut vite s’avérer une perte de temps.

Il est 14 heures quand j’arrive auprès de Jah Observer. Le set n’a pas commencé, ils sont encore en train de s’installer, je m’oriente donc vers Westbourne Park Road pour y voir Channel One. L’heure y est également clairement à la préparation, l’album Uprising de Bob tourne du début à la fin sur la platine pendant que Mikey Dread finit d’installer son stack impressionnant de sirènes. La foule est déjà là, le soleil aussi, une après-midi de rêve s’annonce.

I_love_my_umbrella.jpgMalheureusement, il ne faut pas oublier que l’on est en Angleterre, et le temps va brusquement changer : tout d’abord le vent, qui va réussir à faire envoler le vinyle en cours de lecture. Certains diront que c’est Jah qui a réclamé le rewind…Puis la pluie va subitement débarquer. Les sounds vont alors s’arrêter une bonne heure, histoire de protéger le matériel.



Jah Observer sont les premiers à reprendre, stacks entièrement bâchés et ciel menaçant. Mais Spiderman et Steve, le duo de Jah Observer, ont un secret, une coïncidence encore très facilement interprétable : à peine quelques secondes après le début d’un hommage à Sugar Minott, le soleil fait son retour sur Notting Hill, tel un signe que Minott est toujours là, quelque part, ensoleillant le reggae music avec sa voix unique.

Jah_Observer_valves_amplifiers.jpg Puis je m’approche du camion où est installée la control tower pour y voir de plus près l’élément qui fait l’originalité de Jah Observer : les amplis à lampes. En effet, ils sont un des seuls sounds à utiliser cette technologie dont le succès remonte aux années 60-70, sublimée par les guitaristes dont les amplis à lampes restent la référence ultime pour leur chaleur et leur dynamique. Je n’ai tout de même pas été convaincu de son utilité en sound system : ne vous attendez pas à redécouvrir le reggae en écoutant le system de Jah Observer.

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De plus, les stacks de Jah Observer sont très uniformes, au moins 8 en tout, tous différents, certains avec des scoops en folded Horn, d’autres plutôt super scoopers . De même pour les tops, le sound de Jah Observer ressemble en fait plutôt à un musée du sound system construit au fil des années. Ayant déjà vu Jah Observer quelques semaines plus tôt au Garance, j’ai décidé de plutôt passer mon temps du coté de Channel One.





Lord_Ambassador_at_the_control.jpg Sur la route, on y trouve également un jeune sound qui m’était encore inconnu : Lord Ambassador. Pour ceux comme moi qui ont trouvé une certaine ressemblance physique entre Mikey Dread et l’opérateur de Lord Ambassador, sachez que c’est tout simplement son neveu ! La différence se fait plutôt sur la sélection : la génération est plus jeune et le style plus ruff. Ici pas de préchauffe, les tunes sont dubwise à souhait et la basse est violente. Sans hésitation une des révélations du week-end, un sound à surveiller de très près…

Toutefois, et malgré la qualité de Lord Ambassador, le public est surtout présent à quelques pas de là, au pied des scoops de Channel One. Là où l’emplacement de Jah Observer est tout en long, immense, Channel One est installé dans une petite rue, les stacks en rond, dans une atmospere bien plus chaleureuse.
Audience___Channel_One.jpg Poverty d’Afrikan Simba résonne sur Notting Hill, enchaîné par la suite avec le classique Runaway d’Eek-A-Mouse. Le sound sonne au top. C’était pour ma part la première fois que je pouvais apprécier le travail de Mikey Dread en extérieur et le déplacement valait le coup. Une chaleur impressionnante dans les basses associée à des aigus clairs comme le cristal, aucune agressivité, sans aucun doute un des meilleurs sounds Roots & Culture actuels, les bouchons d’oreilles sont restés dans la poche.

Mikey_Dread.jpgLa sélection alterne entre nouveautés et grands classiques, un ptit One step forward de Max Romeo puis tout comme la veille chez Shaka, l’immanquable Babylon is a Trap. 16h45, Ras Kayleb débarque pour ajouter sa voix sur les tunes de Mikey. Le temps de se chauffer les cordes vocales, il passera la seconde sur un Promised Land de Dennis Brown. La foule est maintenant très dense, impossible de se rapprocher de Mikey sans bousculer tout le monde, c’est presque difficile de danser, les rues voisines sont envahies. Le set finira en beauté par une dubplate Disciples des années 90’s puis par l’apparition Live de Henry « Buttons »Tenyue aka Matic Horns sur Stop & Look de Rod Taylor avant que la police ne réclame la fin du show comme la règle le demande.

Un après-midi full of vibes, presque surréaliste quand on sait que l’on est en plein milieu de la capitale du Royaume-Uni…Et une leçon de plus donnée par Mikey Dread. Channel One rules!



Dimanche soir : Dubwise festival - Brixton


De retour à l’auberge, la pause s’impose, les jambes sont lourdes, une heure de sieste va me recharger tout ça. Il faut ensuite traverser Londres pour aller au sud, à Brixton, le quartier «chaud» de la ville. J’arrive une fois de plus dans les premiers à l’église Saint Mathieu. Un bâtiment surréaliste, rempli d’arcades romaines sur le côté, difficile d’imaginer une soirée dub là-dedans. A l’entrée, première demi-surprise, il va falloir débourser 25£…En effet, le prix était de 18£ en prévente, et le flyer signalait « plus cher à l’entrée ». Pas de mensonge donc, mais une belle somme tout de même pour une musique underground ! Enfin, quand on voit la programmation, il ne faut pas non plus s’étonner, mais une communication un peu moins floue aurait été appréciable.

From_the_balcony.jpgPassé les 2 escaliers en colimaçon, on se retrouve face à deux portes : d’un côté une petite salle avec les sounds de King Earthquake et King Alpha, et de l’autre une salle bien plus grande avec Mighty Tabot. Salle dont la particularité est d’avoir une scène non pas surélevée, mais « sous-élevée ». C'est-à-dire qu’il y une petite fosse avec la control tower et la place de mettre quelques dizaines de personnes, encerclée par des escaliers et un énorme balcon. Configuration pas franchement idéale, et au final, presque personne ne descendra auprès des artistes, parqués en contrebas tels des animaux dans un zoo. Le choix est d’autant plus incompréhensible qu’il y a largement la place au-dessus pour faire rentrer tout le monde.

Ruff_Errol_Arawak.jpgCôté musique, les deux premières heures seront laissées à Mighty Tabot et King Earthquake. D’un coté en mode préchauffe, de l’autre, Errol Arawak est déjà bien au taquet. La salle met du temps à se garnir et il faut donc attendre minuit pour voir l’apparition de King Alpha puis Iration Steppas. Les trois sounds alternent chacun par des sets d’une demi-heure comme il est de coutume à l’University of Dub. Comme vous l’aurez sûrement compris, ce côté est réservé au stepper digital, ici on n’est pas là pour rigoler. La salle est petite et les stacks énormes. Mes oreilles, déjà un peu fatiguées, souffrent, et les bouchons sont alors de rigueur. La soirée sera du coup beaucoup moins drôle…

the_lightful_lKing_Alpha.jpgPas vraiment de surprise avec Iration et Earthquake, je préfère m’attarder sur King Alpha. Encore beaucoup moins connus que ses compères, le sound de la banlieue Londonienne est en train de devenir très grand : armés d’un set 100% dubplates maison, les sélections sont super fat. Le kick est sec, les réverbes tranchantes et les mélodies dessinées pour un sound. Le « For Life King » de Turbulence se doit d’être vécu par tout skankeur averti, les 4 mixs sont tous plus puissants les uns que les autres. Même Mark Iration semble être surpris par l’énergie qui se dégage du duo. En revanche, comme tout sound qui joue du 100% dubplate, la diversité n’est pas de mise !

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L’heure est à la consécration pour King Alpha, ils tiennent désormais tête aux deux systems les plus ruff de l’Angleterre, et seront à l’University of Dub au mois de décembre. Ceux qui n’ont pas encore vécu l’expérience King Alpha devraient se dépêcher de voir ça, par exemple lors du prochain Rennes Dub Club ! Petit bémol également, les tunes pressés en vinyle ne sont pas les meilleures productions du duo, certaines dubplates pourraient sans aucun doute faire des ravages dans les shops ! A l'image de cette prochaine release, sur le meme riddim que le "For Life King" mais dont le cut vocal n'est pas aussi bien que la dubplate de Turbulence .



Digistep_on_melodica.jpgCôté grande salle, j’ai pu y voir Dubkasm. Un set d’une heure, commencé par le Respek-I-Spek et le saxo live de Digistep. Ce dernier, qui avait déjà prouvé ses talents de producteur avec la série au son magique Transform In Dub, nous fait également démonstration de ses qualités d’instrumentiste lorsqu’il s’agit de jouer live ! S’en est suivi la prochaine release sur Sufferah’s Choice Recordings, le label de Dubkasm, déjà jouée par Stryda pour clôturer son show radio du 9 aout 2010. Un fin mélange de rythmique militaire et de mélodie méditative, Digistep style.

Stryda_the_human_mic_stand.jpgCeux qui suivent régulièrement les émissions de Stryda savent qu’il est grand défenseur de la culture vinyle, dubplate et acétate, et c’est avec logique que l’on retrouve tout ceci en live. Il jouera donc à la suite un acétate de Dub Judah, puis un special de Babylon is a trap accompagné par Solo Banton au micro et Digistep au mélodica, pour finir par l’acétate d’Aba Shanti déjà jouée précédemment à Bristol (8eme minute).

Dubkasm est donc un crew à part, à cheval entre radio style et sound system, loin du formatage habituel, et dont le travail effectué live par Digistep est une des diverses preuves de la recherche de qualité effectuée par le duo ; approuvé par Nizetch !

Jonah_Dan_at_the_Darbouka.jpgIl est 4 heures du matin, ma barre d’énergie est presque vide et le voyant de mes oreilles dans le rouge. Le temps de profiter d’une prerelease de Sista Olidia jouée par King Earthquake puis d’une autre prerelease de Christine Miller joué par Disciples et je me prépare à aller me reposer pour le lendemain. Un dernier tour par King Alpha où je trouve Jonah Dan en train de faire vibrer le sound system avec sa darbouka et je suis rempli de vibes pour la route.

Au final une soirée dont la programmation fut presque trop idéale, on a le sentiment de voir beaucoup d’artistes mais seulement par petits bouts, presque frustrant. Ajoutez à cela la fatigue et mon incapacité à tenir le volume sonore de la salle et vous comprendrez que je n’ai pas passé une soirée mémorable, mais remplie quand même de moments full of vibes !


Lundi après-midi: Aba Shanti - Notting Hill


10h30 du matin, de nouveau après 4 heures de sommeil seulement, le gérant de l’auberge rentre dans ma chambre et me réclame mes draps et mon oreiller, pas le choix, c’est la règle, faut se lever….

J’arrive vers 13h du côté d’Aba Shanti et le monde est déjà très présent. En effet, j’apprends qu’Aba Shanti n’a pas pu jouer la veille à cause d’un problème de générateur! Personne ne voulait donc louper son unique session du Carnaval.

Shandi-I.jpgLa session va avoir un goût de Best of, mélange de killer tunes et de productions de la shanti Familly : Almighty Father de Rick Wayne, Tear Down Babylon de Shanti-Ites, Digital Children de Sista Miriam, les grand classiques d'Aba,Positive Vibration et Victory Dance, le Mandatious de Dub Judah puis Inna Sanctuary avec Shandi-I himself au micro.

Ajoutez à cela pas mal de dubplates dont un fameux « Jah » de Kibir La Amlak et Reality Souljahs, une apparition de Digistep au saxo et Jonah Dan au micro et vous avez de quoi achever vos mollets déjà bien entamés depuis plusieurs jours.

Aba_Shanti_selecta.jpgA noter pour finir, la cerise sur le gâteau et la bonne nouvelle pour tous les amateurs de Channel One : l’hymne de Ras Kayleb, Each and everywhere (the king is there) a été enregistré en studio et sera bientôt disponible dans les shops! Aba s’est fait un plaisir de le jouer, accompagné d’un autre vocal de Naffi-I. Pour les impatients, ça se trouve ici, à 1h21 !

Il est 17 heures, il va falloir penser à aller à l’aéroport pour retourner à la réalité de la vie. Un week-end de warrior(et j'ai pourtant loupé le vendredi soir et le lundi soir) pendant lequel les trois quarts de la scène UK se seront retrouvés en famille. Un énorme rassemblement d’artistes et d’activistes et une masse énorme de français, on n’a vraiment pas eu le temps de souffler pendant 3 jours, et l’expérience en valait la peine. Mon top trois du week-end, par ordre alphabétique : Channel One, Jah Shaka, King Alpha.

Je sens que beaucoup vont se poser la question l’an prochain : Garance festival ou Notting Hill ? Si je n’ai pas le droit de répondre les deux, voici ce que je dirais : le carnaval de Londres est à vivre par tout amateur de sound. C’est l’occasion de voir la crème de la scène anglaise et de réaliser d’où vient vraiment la culture que l’on aime. Voir Shaka à Londres devrait également être un impératif pour tous, au moins une fois dans sa vie, vous ne le regretterez pas. Par contre attention aux volumes, les anglais jouent plus fort que nous !

Pour les habitués de Londres, le Garance pourrait être l’alternative de choix. L’atmosphère générale, du fait de sa localisation paradisiaque, a quand même un air de vacances incomparable à tout événement urbain! On a plus de place pour danser, on s’y repose plus et l’on fait vivre notre scène française qui a un sacré avenir devant elle !

Vivement l’été prochain…