R2jeux - Il n'y aura pas de spectacle
Par niz le mardi 31 août 2010, 22:55:00 - Electro dub
Il y a quelques années, lors de la sortie de « Every time I heard this sound », Alain et Tony de r2jeux incarnaient la réleve flamboyante d’une scène électro-dub française alors en pleine dépression. Après « Out » leur 2eme release et un long moment d’absence, ils nous proposent leur petite dernière : « Il n’y aura pas de spectacle » sortie début juillet. Écoute et Critique.
Comme pour les deux précédents, cet album est disponible gratuitement sur le net sous la licence creative commons, et comme pour les deux précédents c’est du Do It Yourself à 100%. Amateurs de débrouille et de cinéma les deux acolytes se sont amusés pour « Il n’y aura pas de spectacle » à composer une musique douce et ambiancée. Construit autour de leur deuxième passion qu’est le cinéma, c’est dans leurs univers favoris, les polards et les films noirs pour l’un, la science fiction pour l’autre, que se déroule l’album. Ils ont un peu laissé de coté le très bon melting pot de steppa et d’électro de « Every time I heard this sound » et de « Out » pour produire un son plus intimiste. Un son plus teinté de guitares, peut être inspiré des locomotives du növö dub français.

Sous titré « Ambiant et cinematic » et avec un visuel moins acidulé que les précédents, on pouvait s’attendre à un relatif changement de cap. Sans se répéter, ils explorent la voie d’un son plus réfléchit, sage et teinté d’ambiance. Le cinéma est au cœur de l’écoute puisqu’on y retrouvera des samples de La prophétie des ombres de Mark Pellington, de Vidocp de Pitof, et de Mémoires d’une Geisha de Rob Marshall dans « Je veux voir ton Visage » puis de Alien de Ridley Scott, La planète des singes de Tim Burton, et de Le bon la brute et le truand de Sergio Leone sur « Flash Light call the wild »… Ce travail autour de ces samples installe des ambiances plutôt sombres comme le début du second morceau ou le sample d’Alien laisse place à une guitare froide ; cette guitare, qui en se métamorphosant vous guidera au travers du far west avec Blondin, puis sur la planète des singes ! Poussé par une basse omniprésente mais discrète, ce morceau vous rappellera le son des Guns of Brixton ou des transgressions dub-rock d’Ez3kiel. Le groupe tourangeau semble être une vraie source d’inspiration pour les R2jeux puisque le morceau qui suit et son piano doux rappelle l’univers onirique de Naphtaline.
Mais R2jeux a plus d’une corde à son arc et sait toujours produire des morceaux énergiques qui sauront vous rappeler à la raison. Ainsi « Entre Dallas et Washington » est un morceau construit autour d’une batterie puissante assistée d’un couple guitare/basse dévastateur.
R2jeux a changé sa manière de travailler et ca s’entend. En effet Tony s’est installé un vrai Home Studio dans sa maison, évitant du coup les rushes des enregistrements en studio. Un vrai plus qui leur a permis de peaufiner les arrangements de leurs morceaux et de refaire les enregistrements à souhait. Adeptes de l’indépendantisme, cette étape supplémentaire leur permet de s’affranchir de toute pression, comme ils se sont affranchis de tout label et réseau de distribution. Ils font cela pour leur plaisir et comme le titre de l’album le suggère ils n’en feront pas un spectacle –pas de live pour le moment nous confie Tony-, préférant le travail studio pépère à la maison que les tournées et leur pression.
La release se termine par un morceau autour d’un sample de « Phantome of the paradise » de Brian de Palma, un morceau sublime, obscure et décalé entre pop rock et ambient…
On peut regretter que l’originalité et le grain de folie des deux premiers opus soient moins proéminents que sur les deux premiers album. Mais cette release saura sans doute vous surprendre par sa qualité et ses ambiances soignées.









Juin 2013

























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