Live Report - Dub Station #8 au Trabendo - Paris
Par Mill3k le jeudi 12 juin 2008, 14:44:00 - Live reports
Voici le report du Dub Station #8 spécial Télérama Dub Festival avec Blackboard Jungle et Jah Shaka.
Un frisson nous traverse lorqu'à une vingtaine de mètres du lieu parisien qui se transforme une fois par mois en temple de la bass dub, nous aperçevons la longue file d'attente pour le 8ème Dub Station. Eh oui, ce n'est pas tous les soirs que Jah Shaka vient partager ses vibes avec les massives français et si je ne me trompe pas, sa dernière venue à Paris remonte à plus d'un an et demi à l'époque des Dub Meetings (anciennement Paris DubClub pour ceux qui suivent l'histoire des soirées parisiennes depuis le début) et le déroulement de la soirée était sensiblement identique avec Blackboard Jungle en première partie et le zulu warrior assurant la suite de la sélection jusqu'à l'aube.
Des massives de tous les horizons sont là pour marquer l'évènement, nous avons même croisé un groupe de belges distribuant des flyers du Irie Vibes Roots Festival (25 et 26 Juillet) et malheureux sont ceux qui n'avaient pas réservé leur place car beaucoup ne franchiront pas la porte du Trabendo.
Au bout d'un quart d'heure nous traversons avec niz l'important dispositif de sécurité (ouais l'expression est un peu too much mais il y avait quand même deux barrages de vigiles) et malgré un peu d'insistance, le taulier de nizetch se fait confisquer son appareil photo à l'entrée.
Blackboard Jungle make us step !
Les Blackboard Jungle ont dû commencer à jouer dès minuit, nous venons de manquer la sélection roots. Leur entrée en matière semble avoir été efficace, les massives présents autour de la control-tower sont chauds bouillants ! La sélection est de haut niveau, Oliver, Nico et Sandy sont venus avec une bonne poignée de dubplates dont certaines passeront pour la première fois sur leur system : j'en retiens une chantée par Sis. Rasheda suivie d'un cut de Ranking Joe sur le même riddim, ce dernier, fera un bon effet auprès des massives et aura d'ailleurs droit à un pull up.
Suivront un autre inédit de Vivian Jones puis une version de Row Fisherman dont je ne sais toujours pas qui est le chanteur de Ras Mc Bean (Ghetto Song - merci Primitive).
Les sound-men semblent avoir quelques problèmes avec leur lecteur CD, quelques coupures viendront subitement interrompre la danse. Mais le dérangement est de courte durée, la qualité des improvisations de Sandy et Oliver au chant feront vite oublier ces quelques déboires matériels.
Les voix féminines seront encore à l'honneur dans la suite de la sélection avec la nouvelle production de Ras Abubakar du Zion Gate sound, un nouveau riddim de haute tenue appuyé au chant par Christine Miller (mais aussi Afrikan Simba, Tony Roots, Earl 16 sur ce qui sera sûrement la future production vinyle de Zion Gate). La voix de Sister Aisha sur une nouvelle production Blackboard Jungle Concrete Jungle suivie d'un cut d'Anthony John remettront de l'énergie dans la danse. Et c'est encore une fois le dernier Coptic Sound et Izyah Davis – No More War qui nous retourne complètement les esgourdes dès l'arrivée de sa puissante ligne de basse judicieusement boostée par Nico, le sound operator du BJS.
Le trio fera également la promotion du label bordelais Control Tower avec un tune de M.Parvez suivi d'une version au melodica signée Weeding Dub.
Le temps passe et la danse faiblit un peu, l'ensemble des massives trépigne d'impatience dans l'attente de Jah Shaka, qui tarde un peu à venir prendre en main le system.
Il est presque 3h lorsqu'il arrive enfin derrière la control tower, prend le temps de scotcher le drapeau d'Haile Selassie (qu'il ne quitte jamais
) sur le mur opposé. Les Blackboard envoient leur dernier tune et c'est la voix d'Anthony John qui résonne dans tout le Trabendo sur l'imposant steppa Babylon Kings & Queens, 2ème production vinyle du label Blackboard Jungle.
Shaka The Great
Les sourires sont aux bords de toutes les lèvres, beaucoup de massives se sont groupés autour du vétéran du roots/dub anglais si bien que d'où je suis je ne vois que le bout de son bonnet.
Les premiers morceaux lancés par le mighty Shaka sont des Bob Marley avec un Rastaman Chant qui nous remet tranquillement dans la danse, suivi d'un Exodus aux skanks ravageurs nous permettant d'échauffer de nouveau nos gambettes.
La sélection roots est courte, eh oui l'homme est arrivé un peu tard et embraye directement avec quelques tunes nu-roots tel l'efficace Praise Ye Jah de Sizzla, Complaint de Garnet Silk et Teaching Of His Majesty de Barry Issac. Le zulu warrior remonte d'un cran la pression en sortant Won't Give Up The Fight de Fred Locks (production Ryan Moore) et sa version des Matic Horns qui résonnera longuement dans nos oreilles et reprend aussitôt sur du roots avec les excellents Hard Times de Pablo Gad puis Look Youthman de Barrington Levy.
La suite oscille entre chefs d'oeuvres roots - Jahovia des Twinkle Brothers - et killers steppas - Blind Eye de Sista Mary, une somptueuse dubplate d'__Earl 16 - Roots Natty Congo (un des meilleurs tunes sorti par Shaka durant cette danse) qui fera place au monstrueux instrumental The Things That We Play des Dub From Atlantis__.
Jusque là, l'ensemble est très classique, on ne peut pas dire que Shaka prenne beaucoup de risques dans sa sélection, elle semble même “pédagogique” dans le sens ou elle est abordable (il y a peu de tunes obscures) et contente autant les amateurs de roots classics que de steppas enflammés. L'autre certitude concernant les tunes que joue Shaka c'est qu'il les aime beaucoup, il faut le voir danser dessus avec toujours autant de plaisir malgré son âge, Shaka style !
5h, la fatigue a gagné sur niz qui décide de partir. La dernière heure se maintient dans le steppa entre le musclé Stomp It Up des Twinkle Brothers et ce qui semblait être un Bush Chemists & Ital Horns Jah Shaka nous sort deux productions françaises : Farover d'Idren Natural & Munky Lee (suivi du Warrior Style de Macka B toujours sur le Kunta Kinte riddim) et aussi un Dancing In the Streets de Tomaski à faire trembler les deux murs de scoops et nos jambes un peu engourdies.
Il est près de 6h, le zulu warrior se lance dans une tirade visant à remercier les massives et l'organisation et d'amener une petite pointe de culture rasta dont il connaît bien la recette. Il envoie finalement le dernier vinyle qui ressemble fortement à une production de son fils Young Warrior (avis aux amateurs de steppa, les productions Young Warrior déboîtent, à suivre le garçon) et écourte malheureusement la version dub.
Et là il s'est passé une chose que je n'ai encore jamais vu au Trabendo, personne n'a bougé, attendant impatiemment le prochain disque. Difficile de croire effectivement que la sélection allait se terminer là car même si la dernière plate était vraiment bonne, on pouvait s'attendre à un peu mieux pour la fin d'un Dub Station.
Les applaudissements et encouragements des massives ne furent pas vains, Shaka reprend en main la platine pour deux derniers tunes : un savoureux I'm On A Mission (de ???) et finalement la fameuse dubplate qu'il avait sorti lors de sa session à Londres en mars dernier, production de son fils Malachi (l'autre nom de Young Warrior - merci DubFighta) si j'en crois cette source. L'impact de ce tune est en demi-teinte, l'homme est tellement pressé par le temps et l'orga qu'il écourte la version dub, bon on l'aura eu quand même celui là
.
Bilan final de cette soirée, une ambiance un peu tendue à l'extérieur du Trabendo, des vibes enflammées par la suite avec des Blackboard Jungle en état de grâce, exploitant leur sound system dans ses moindres retranchements. Jah Shaka fut à la hauteur du mythe qui ne cesse de se bâtir autour de lui au fil des années avec une sélection qui manquait certes un peu d'originalité mais pas moins plaisante et variée et c'est avant tout ce qu'on pouvait attendre de lui.
Merci au photographe et sa contribution pour nizetch !









Juin 2013

























Commentaires
Le "row fisherman" est, si c'est bien ce a quoi tu penses, de Ghetto Priest dont le titre est en réalité "ghetto Song" me semble-il.
De Ras Mc Bean pardon. C'est le "ghetto" qui m'a perturbé.
ouais j'ai bien kiffé la soirée, même si la fatigue m'a fait partir avant la fin, le photographe clandestin s'appelle : Lamidtafemme un gros merci à lui pour cette belle photo. Chapeau à Mill3k pour la quantité de tune qu'il a noté... il fallait le voir pendant la soirée avec son stylo et son bout de papier
ca vallait le coup.
Salut, je crois bien que c'est moi le photographe anonyme de la soirée, j'ai pris 2 photos de shaka pour qqun avec son appareil compact et je suis photographe, elle ressemble assez à celle que j'ai prise, mais mon cerveau était parti dans la musique donc je suis pas sur. Je suis un grand bass junky blond et je suis toujours là à chaque dub station.
C'était une soirée bien sympa, et les titres de la fin étaient énormes à fond sur la sono des blackboard
Juste une petite rectification pour dire que dans l'article, les tunes de la fin c'est malachi en fait, rien avoir avec le prince du même nom, malachi étant l'autre nom du fiston a shaka (vous devez le savoir à mon avis)
Merci pour ta précision Dubfighta, je connaissais Prince Malachi le chanteur (http://www.myspace.com/theprincemal...) mais avais un doute sur cet autre nom concernant le fils de Shaka, c'est rectifié dans l'article.
En tout cas cette plate est monstrueuse et si je me trompe pas c'est un remix de celle-ci : http://www.youtube.com/watch?v=0PON...
Merci Primitive également pour la Ghetto Song de Ras Mc Bean, c'est celle auquelle je pensais.
Quelqu'un connaît il le chanteur de ce tune - I'm on a mission - que j'ai également cité dans l'article ?
un extrait ici : http://www.youtube.com/watch?v=j9m7...
>Mill3k: le I'm on a mission doit être de Fred Locks, une prod Gussie P.
> Yep Rooxman, j'avais aussi pensé à Mission for the king de Fred Locks (en 10" sur Sip A Cup) mais c'est pas celui-là, so ???