Vendredi 23 mai : Junkyard production, Molecule, Improvisators dub meets Iration Steppas.

La soirée commence tôt avec les danois de Junkyard production, leurs concerts se font rares en France, en effet si je ne me trompe pas c'était seulement la 3eme fois que l'on pouvait les voir dans la capitale avec un passage l'année dernière par les nuits zébrées de Radio nova plus un autre concert en première partie de Horace Andy en Novembre dernier. Nous ne savions donc pas trop à quoi nous attendre mis à part leurs singles qui passent souvent sur Nova. Le groupe est donc un groupe de scène avec 6 membres avec au centre de la scène un bassiste (Dennis O. Nielsen) à la carrure d'un bassiste de trash metal (cf les photos) qui dirige le groupe avec une basse très carrée. Le son assez nu-roots qui s'en émane, prend toute sa dimension avec les 2 chanteurs, Pops Jabu mais surtout Ena Egelund. Ena qui a envouté le Trabendo avec sa voix douce. Le groupe prend toute sa tournure lorsqu'elle pose sa voix, une véritable explosion de style entre la voix ragga de Pops et celle de Ena. En plus de leur hit : Sister Let him Go, qu'ils ont gardé pour la fin du show, il nous on proposé un show de très bonne qualité très dansant, entre des influences dub et reggae. Magnifique!


Junkyard Productions - Sister Let Him Go


Un ptit extrait live:


Retrouvez toutes les infos du groupes sur leur site officiel :

La soirée continue avec Molecule aux platines accompagné comme d'habitude de son batteur et de Zig Zag au chant. Un set carré avec Thierry Arnold à la production, un set electro-dub avec de nombreuses influences hip-hop. Un très bon set ou l'on a pu entendre la plupart des titres du dernier album mais aussi des vieux morceaux...

Pour finir la soirée en beauté, le concert très attendu d'Improvisators dub meets Iration Steppas, on pouvait s'attendre à du gros, du très gros mais ce fut vraiment énormissime, tout le Trabendo jumpait dans tous les sens, une hystérie collective que j'ai rarement vu... Mais avant tout parlons un peu technique ou tout du moins organisation. Comment faire cohabiter 2 groupes, l'un typiquement « à la française », l'autre la plus part du temps en formation sound system? La réponse est assez simple : Mark Iration aux consoles et au chant, Rootical à la basse, le chanteur Jazzbo(dont j'ai zappé le nom) et un mec au clavier pour ce qui est de Iration Steppas; de l'autre coté Knarf à la batterie électronique, Manutension_ à la guitare et Daddy Mike avec son clavier et le dernier clavier Michael "DreadHiTek" Elliot. Tout ce joyeux monde nous a fait un concert du feu de Dieu. Un mélange qui a pris une tournure exceptionnelle a mon goût entre le dub joué des impro et le son très abrupte de Iration, une véritable alchimie a opéré pour fournir un show énergique, haut en couleur et en basse massives. Franchement le meilleur live de tout ce festival pour moi.
2 extraits du futur album


Improvisators Dub meets Iration Steppas- criticize sample

Improvisators Dub meets Iration Steppas- GHETTO LIFE



niz

Samedi 24 mai : Kanka, Love dub in trio feat U-Roy, Nucleus Roots feat Michael Rose


Pour cette seconde soirée du Télérama Dub Festival à Paris, c'est à l'Elysée Montmartre dans le 18ème arrondissement que nous nous rendons avec une affiche très alléchante sur papier mais qui en réalité nous réservera quelques mauvaises surprises.
Déjà, deux jours avant la soirée, nous apprenons par Garance Productions que les frères Shanti et leur band - les Shanti Ites - ne nous ferons pas l'honneur de se produire sur scène à Paris. Les raisons, nous les ignorons encore mais quel dommage ! C'était là une des trop rares occasions de voir les Shanti Ites en live avec Aba Shanti I derrière la console pour nous produire un mix dubwise de premier ordre. Mais cessons de nous de nous faire du mal, une heureuse surprise viendra finalement compléter l'affiche et cette dernière s'appelle Kanka, qui sera présent au côtés de Oliva, fidèle mc du blackboard Jungle Sound et Chris B, bassiste live du groupe.

19h15 - Kanka inna di place
Après avoir récupéré quelques flyers à l'entrée dont celui du Mix' Up Festival (dont on ne saurait vous conseiller autre chose que d'y foncer), nous entrons dans l'enceinte de l'Elysée Montmartre. Malgré le peu de massives présents, les Kanka sont déjà aux commandes et comme à leur habitude, les vibes stepper ardentes sont au rendez-vous.
Après avoir assisté à plusieurs reprises à leur set au cours de l'année passée, il faut admettre que celui-ci a subi très peu de modifications et qu'il faudra sûrement attendre un nouvel album avant de le voir se renouveller réellement. Et pourtant, les lignes de basses sont toujours aussi pachydermiques et la section rythmique ultra efficace donc il suffit de se laisser porter par les vibes et d'apprécier le moment car ça déboîte sec sur le système de son de l'Elysée Montmartre !

20h15 – U Roy inna jazz-dub style
Quelques minutes de répit pour nous raffraîchir et se rendre compte que l'Elysée Montmartre est presque full, nous attaquons la seconde partie.
Les trois accolytes du Love Trio entament un premier morceau jazzy, teinté d'une petite touche dubwise. Leur objectif de nous faire rentrer dans une atmosphère diamétralement opposée à celle instaurée par Kanka s'avère plutôt réussi (du moins un temps), il ne manque plus que U-Roy et nous serons conquis.
Mais c'est là que ça se gâte car malgré le fort enthousiasme des massives au moment de l'arrivée du chanteur jamaïcain sur scène, il se déclinera progressivement au cours du set. Et oui, U-Roy semble être loin du meilleur de sa forme car même si son style s'adapte bien à la ligne instrumentale du Love Trio il ne fera que très peu de tentatives de variations de chant, provoquant une certaine monotonie au fil des morceaux.
L'ennui a vite gagné l'Elysée Montmartre et beaucoup espèrent que la suite procurera plus de sensations dubwise.

21h30 – Dub finally out
C'est pourtant c'est sous le signe du reggae que les Nucleus Roots en formation live se placent pour accueillir le célèbre Michael Rose. Ceux qui attendaient (comme moi) une création commune aux deux entités telles que celles de U-Roy et du Love Trio ou même des Improviration-Steppdub (eh oui j'ai tenté, ah c'est pourri...ok je m'en vais) pourront remettre leurs espoirs au vestiaire, car ce soir on se contentera de Michael Rose chantant une grosse poignée de ses tunes, le tout backé par les Nucleus.
Sous les applaudissements du public parisien, Michael Rose fait son entrée sur scène et interprète un Sinsemilia qui sera perçu avec beaucoup d'enthousiasme. La suite s'inscrira dans ce que l'on peut attendre du chanteur, à savoir du récent dont son dernier tube avec Alborosie Waan the herb pour finalement en venir aux intemporels Guess who's coming, Shine eye girl, I love king selassie qui ont fait la gloire de Black Uhuru au début des années 80.
Michael Rose est en forme et enchaîne les tunes entre quelques discours d'auto-promotion et ses sting-a-ding-ning-wa-na-woy caractéristiques. Nucleus Roots suivent la cadence avec aisance, mais on sent qu'ils auraient bien continué le set un peu plus longtemps. Et nous aussi car au bout d'une heure tout est bouclé et excepté le refrain de No burial interprété ac capela par mister Rose, nous n'aurons pas le plaisir d'avoir un rappel. La frustration est visible sur beaucoup de massives, en effet au regard du prix des places (rarement atteint pour un évènement dub : 28€ à l'entrée), voir le dernier set se terminer à 22h30 laisse un goût très amer à la sortie de la salle.

Au final, on a clairement connu mieux pour un concert de cette envergure et quelques interrogations subsistent surtout lorsque l'on considère la qualité des précédentes éditions Télérama Dub, le projet est-il en train d'échapper à Télérama ? Le Télérama Dub Festival va t'il devenir le Télérama Reggae-Dub Festival l'année prochaine ?

Pour les massives en mal de vibes dub, le rattrapage se déroulait au Trabendo le même soir à partir de minuit avec Jah Shaka et Blackboard Jungle. Le report arrive dans les jours à venir ;-)

Mill3k

Retrouvez dans la suite du billet les photos prises par niz pendant ces deux soirées.

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