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Vendredi soir : 2 700 préventes sur une jauge totale de 3 000 entrée, autant dire tout de suite que la soirée du vendredi est de loin de record d'affluence à une soirée du Riddim Collision. Ce phénomène est surement expliqué par la présence d'High-Tone, qui jouait à domicile et déplace toujours les foules. Du coup engorgement à l’entrée uniquement 200 places dispo à la vente et grosse galère pour ceux qu’on pas prit leur préventes…Ce n'est pourtant pas la 1ère fois que ce genre de chose arrive lors d'une soirée dub (rappel : le Télérama Dub avec Jah Shaka l'année dernière). C'est peut-être quelque chose à laquelle il va falloir s'habituer, conséquence directe du succès croissant du dub en France. Ca fait beaucoup de bien à des assoces comme Jarring Effects qui souffre des chutes de vente de disque, mais forcement ça déplait a tout ceux qui sont restés dehors... Il faut donc retenir deux leçons de ça : du côté organisateur, anticiper peut être un peu plus ces mouvements de foules, puisqu'on peut quand même dire qu'à l'entrée devant les barrières, c'était le bordel. Deuxième leçon qui évitera ce genre d'ennui à l'avenir du coté festivalier, achetez vos places avant ! C'est tout con, mais ça vous assure de rentrer, ça coute moins cher (de mémoire 16€ au lieu de 20€), ça fait souvent éviter la queue et ça permet à l'organisateur d'avoir une meilleure idée de l'affluence à venir et donc de mieux anticiper l'accueil

Tout ceci étant dit, nous pouvons maintenant entrer au cœur du sujet :

Le Riddim Collision a lieu au marché de gros de Lyon, c'est-à-dire, comme son nom le sous-entend, dans une espèce de hangar à moitié ouvert, qui servait de lieu de transit pour de la marchandise. Maintenant c'est devenu un lieu plutôt désaffecté mais qui convient parfaitement à un festival de musique underground.L'avantage du lieu c'est ses deux salles : l’une avec le sound d’OBF consacrée au dub pur et dur, l’autre agencée en salle de concert avec une scène, des écrans et une régie centrale. L'inconvénient du lieu, c'est sa localisation, un bon quart d'heure à pieds du 1er métro (Lyon Perrache), dans un quartier plutôt habituellement fréquenté par des dames en jupes courtes que par des jeunes à la recherche de vibes.

Les portes s'ouvrent peu après 20h et le dub battle commence, rappelons le principe de celui ci : 1 Console, 8 pistes, 4 effets, 4 producteurs et 1 bière chacun. Tel était le principe énoncé, au final c'est un peu moins simple puisque chaque participant avait emmené son propre matos. C'est donc une pléthore de matériel que l'on retrouve en place, 1 grosse console centrale, 2 petites consoles, des tonnes d'effets de chaque coté (en vrac : boss de-200, rph-10,synare T-Roots, electrix EQ killer, Lexicon Alex etc). On ajoute à cela la control tower d'OBF avec leur tout nouveau pré amp links et leur 2 nouveaux stacks et l'on a assez de matos pour faire décoller une fusée... Les quatre protagonistes avait chacun préparé un morceau qu’ils ont envoyé à Natural High (Antonin de High Tone) qui s'est occupé de la logistique. Les remixes se sont fait en live à la console, une approche tellement dub dans son esprit que l'on se demande pourquoi elle n'a pas était essayée avant! I-tist nous confiait qu'il avait vraiment apprécié le concept et que c'était à refaire, espérons que l'on retrouvera ce genre de choses dans d'autres soirées. En exclusivité, Nizetch, avec l’accord des protagonistes et de l’organisation a enregistrer la session, la voici (vous pouvez aussi télécharger l'archive .zip en bas de page):

Apres le dub battle, Dino (batteur de High Tone) et Natural High (clavier de High Tone) ont pris possession des machines pour une set alliant roots et morceaux jouées au mélodica. Puis ce fut au tour de Martin Campbell de prendre le mic sur des riddims de Natural High et de Dino; Il a posé son flow langoureux et old school avec classe. L’homme est assez atypique pour un MC de reggae/dub : il est blanc, la cinquantaine, porte un béret et a plus le style d’un papa que d’un chanteur… Mais lorsqu’il se met à chanter on se sent comme transporté plusieurs décennies en arrière en Angleterre à l’époque ou l’early reggae et le rocksteady inondaient sounds systems et ondes radios. Un instant immanquable de cette soirée même si sa degaine donne l’impression qu’il ne vit pas du tout la soirée et qu’il s'emmerde, un peu surprenant.

Un petit détour par la scène live ou l’on au eu le droit a un duo rare (vu pour la première fois lors de la soirée dub invaders à Paris) : Disrupt au son, Pupajim au mic ! Ca a donné ce à quoi l'on pouvait s'attendre, un mélange Stand High - Jahtari en mode freestyle avec des tunes bien intéressantes, d'autres moins transcendantes. En tout cas les deux se sont bien amusés sur scène, une expérience que l'on risque de revoir à l'avenir.

Retour dans la salle sound system : c'est au tour d'Aba Shanti I et d'Emanuel Joseph de rentrer en piste, on a pu retrouver un set composé de killer tunes : Road To zion avec Emanuel au chant, From the Foundation de Dubkasm feat Dub Judah en version dubplate, Victory dance là aussi en dubplate spéciale (La même version que cette version jouée au carnaval de Notting Hill), puis quelques nouveautés comme Youthman, le nouveau Aba avec Emmanuel Joseph feat Blood Shanti. Un set carré sans trop de surprise mais excellemment réglé et orchestré. On regrettera la performance décevante d’Emmanuel Joseph qui semblait franchement trop mort. Il chantait faux et sans réelle inspiration, rien à voir avec son set lors de l'Irie Vibes Festival.

Au même moment sur la scène live se préparait, High Tone dont une bonne partie de l’audience n’était venue que pour ca… du coup une scène blindée de monde. Le temps de s’éclipser dans la partie backstage et le concert commence ! Un set en forme de tuerie du début à la fin, les meilleurs morceaux, ils jouaient à domicile et ca se voyait, le public étaient tout entier acquis à leur cause, allant jusqu'à slammer au milieu de la foule. Ce fut vraiment magnifique, énergique…

Retour au niveau de la sono d'OBF pour retrouver Pupajim, cette fois-ci en mode sound system avec son crew Stand High, qui confirme ce que l’on avait déjà entendu sur la péniche alternat un mois plus tôt : une orientation musicale qui tend vers du hard steppa puis du dubstep. On a pu entendre des tunes comme heart made of stone, ina di yard ou leur remix de Carefull de Matthew McAnnuf

Dans le même temps, on a pu apprécier les dubs massifs des Ecossais de Mungo’s Hifi, avec la aussi un set qui s'est peu à peu orienté dubstep, nous rappelent plutot leur side label Scrub a Dub

La soirée s’est finie par la prestation de The Dub Machinist et de I-Tist, du 1OO% steppa. I-Tist en grande forme a même invité Stand High pour finir sur une énorme mash-up et ainsi finir d'inaugurer comme il se doit cette nouvelle sono d'OBF. A propos de cette sono d'ailleur, le batiment à base de béton et de vitres n'était franchement pas idéal pour apprécier la qualité de la construction mais le potentiel est bien la. Laissons le temps à Guillaume et Rico de maitriser tout cela et reparlons-en d'ici quelques semaines...

Quelques photos de la soirée du vendredi et du samedi :

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