Niz : Bonjour Dub Wiser
Dub Wiser : Bonjour

Niz : Vous êtes de Paris n'est ce pas? Comment est la salle dub sur la capitale?
Luz : Ca se passe bien y a du monde
Rico : Y a beaucoup de soirées, des sounds systems avec Sounds Around et Hammerbass

Niz : Alors la question à la con que tout le monde a du vous poser: D'où vient ce nom? (A Wise = un sage)
Luz : T'as tout compris c'est ça!
Rico : le dub wise
Luz : La t'as dub , là bas y a & et moi c'est wiser
Rico : C'est pas du tout par rapport à la biére.
Luz : Non non ça on nous la fait cinquante fois. Dans les plans classique ils disent souvent « Dub Wise « « dub wise « , Donc on s'est dit tiens une bonne idée.

Niz : Vos influences ?
Luz : un peu de tout, on a une culture assez large, du roots, du punk, du dub, du met al, de la techno et tout ça depuis 30 ans. On connaît bien tout ce qui s'est passé depuis les années 70, on a plein d'influences diverse beaucoup de truc.
Rico : Et puis comme il est pas tout jeune...
Luz : (Rires) non c'est pas ça, je veux dire y a pas que du dub dans l'affaire.

Niz : et avec Vibronics ce soir vous sentez ça comment?
Luz : On a déjà joué avec eux pas mal de fois puis qu'on a le même tourneur. C'est cool, c'est bien.
Rico : C'est de bonnes personnes, du bon son.
Luz : Ouais Vibronics ça déchire, le toaster ça rigole pas et derrière ça ne rigole pas non plus. C'est du vieux roots comme on aime bien.
Rico : Et puis c'est un vieux de la veille aussi.

Niz : Que pensez vous de l'évolution du dub en ce moment; ça commence à devenir moins underground avec une scéne bien créative?
Luz : ça commence a faire un moment maintenant mais ça n'évolue ... ça sort un peu de l'underground mais ça ne monte pas plus haut non plus. Faut pas déconner! (rire) A limite t'as le Peuple de l'Herbe ça s'arrète là.
Rico : C'est vrai que ça attire beaucoup de gens mais bon...
Luz : C'est une musique intéressante à écouter, tu peux danser dessus donc quand tu vas en concert ou en soirée tu peux te làcher et puis c'est de bonnes vibes.
Rico : C'est un mélange de musique actuelle et de musique roots.
Luz : L'ambiance dans les concerts, les soirées c'est sympa. Y en a de toutes des origines, de toutes les couleurs et c'est aussi un bon aspect du dub. Dans les concerts c'est la fête.

Niz : Dans « A new millenium of dub » vous avez présenter le dub comme un élément fédérateur dans le futur vous pensez que ça va être le cas?
Luz : C'est imagé. C'est plus le fait du brassage culturel. C'est peut-être une métaphore par rapport à ça.
Rico : En même temps c'est fédérateur parce que il y a beaucoup de gens qui viennent de milieux complétement différents et qui se retrouvent sur le dub et donc on se rend compte que tout le monde à des points communs. Peut importe le style, au bout du compte le dub ça rapproche et on crée des liens grâce à ça.
Luz : Il y a pas mal de vieux punks des années 80 qui sont dedans; y a les nouveaux jeunes qui arrivent qui ont une culture qui ont une put*** de culture et le mix c'est intéressant.
Rico : Et tout le monde cherche à travailler ensemble du coup ça fait comme le milieux alternatif à l'époque. Tu vois dans l'esprit on est pas des concurrents on est la pour faire de la musique.
Luz : Ouais y a ce coté communautaire et on ne se tire pas la bourre; c'est pas de la compétition. On est plus en train de se brancher pour faire des remix entre nous. Et le business on s'en fout, la tune qu'en y en a c'est bien mais c'est pas le but de faire de la tune. Le but c'est plus de diffuser de faire de la musique quoi!
Rico : Mais y en a qui s'en sortent quand même.
Luz : Heureusement... (rires)

Niz : Et bonne transition: Que pensez vous du remue ménage qui a été fait autour du piratage?
Luz : On s'en br**le. Moi je n'ai qu'un seule chose à dire : « Mort aux majors ». Je les pratique depuis 30 ans et ils ont pas bougé d'un centimétre et c'est pas des mecs qui aime la musique donc ... Ils ont aucune culture, ce qui compte pour eux c'est la caillasse. Jamais je ne signerai sur une major. Je préfére mourir. Et puis même c'est malsain : Les mecs te disent : « Le piratage gnagnagna » mais ils ne prennent aucun risque, ils ne sortent rien de nouveau alors que y a plein de trucs à sortir. Ils restent dans leur créneau et après ils disent « ouais mais c'est le public qui demande ça ». Mes *ouilles le public tu lui balance des trucs si c'est bien il prend Faut arrétez de prendre les gens pour des cons. Les jeunes ne sont plus cons qu'avant. C'est des discours à 2 vitesses: Les mecs te disent ça sauf que quand ils sortent un disque de la Star'Ac et deux après ils ont en vendus un million alors ... La Star'Ac c'est ce que mes parents écoutaient quand ils étaient petits donc ça n'évolue pas beaucoup. Le système se mors la queue. Qu'ils arrentent de pleurer, qu'ils innovent et qu'ils prennent des risques on verra après. Parce que pour rattraper l'underground quand ça marche bien ils sont aussi très forts.

Niz : Comment appréhendez vous la création d'un nouveau disque?
Luz : A l'arrache !
Rico : Ouais on ne travaille que comme ça.
Luz : On essaie d'être spontané.
Rico : Le soucis c'est que si on prends du temps et ben les morceaux on ne les finit jamais. T'as toujours envie de rajouter quelque chose. Et y a ça qui ne va pas et ça non plus et quand tu as une date butoir il faut que tu finisses la chose parce que...
Luz : C'est pas torché non plus (rires)
Rico : Du coup on est obligé de respecter les délais mais c'est toujours dans l'urgence.
Luz : C'est fatiguant mais c'est pas mal

Niz : Vos meilleures collaborations ?
Rico : On a notamment le deuxiéme album qui est un album de remix. Avec Brain Damage on aussi eu les Music Award de la musique électronique. Les premiers Qwartz. C'était le premier festival de musique électronique et on a eu un prix pour un remix fait avec les Brain Damage.
Luz : On était mort de rire.

Niz : Vos meilleurs concerts ?
Luz : Les meilleurs concerts qu'on a fait c'est pas en France. J'ai pas dit qu'en France c'était pas bien mais les meilleurs c'était en Hongrie quand on a fait le Sizget Festival. C'est mortel. Et puis en Pologne aussi la tournée qu'on a fait. Et on a fait des bon trucs en France aussi.
Rico : Notamment le dernier c' était au VIP à St-Nazaire. Bonne salle, bon public. En fait le bon concert c'est pas seulement le bon concert mais c'est aussi tout ce qu'il y a derrière.
Luz : Quand t'es reçu avec des sourires énormes.
C'Tom : A Nancy on a eu un bon public aussi, bien réceptif ce qui est rare pour une soirée dub en France.
Rico : Tu sais quand tu enchaînes les dates et que tu bouffes des pâtes tout les soirs et qu'un jour on te donne un bon petit plat qui a été cuisiné c'est trop plaisant.
C'Tom : Et y a les pires aussi.
Niz : Allez balance !
Luz : Rhooo y a en eu UN de pire mais on en rigole plus qu'autre chose.
C'Tom : C' était en Suisse.
Luz : Mais c' était pas les gens de l'organisation, c'était le concert en lui même.
C'Tom : En fait on était programmé dans une petite salle pour un festival et tout la soirée il y eu que du punk et nous on a fini la soirée donc c' était pas trop ça!
Luz : Ils sont trop rock'n'roll les suisses. Mais tu vois on est un peu les Prodigy du dub sans aucune prétention mais on n'est pas roots, on est pas machin et on tire un peu sur le rap, on est un peu barré et des fois électro, on joue sur plein de registres différents donc c'est pas facile de toujours trouver LE public qui va bien t'écouter.

Niz : Pour le futur vous prévoyez quoi?
Rico : On va faire de la production avec Franck, on va faire un projet solo pour lui et avec l'association 0dB organisation (www.0db.org).
C'Tom : ça regroupe Hammerbass, Il y a aussi un groupe qui s'appelle Skan qui fait de la musique traditionnelle orientale (un peu dub oriental). On va pressé du vinyle et pas mal de production on va pas en faire de tonnes mais ça va arriver bientôt.
Luz : on ne va pas sortir d'album dans l'immédiat (pas avant 2 ans) c'est pas le peine d'en sortir un tout les ans et de le bâcler. On préfére prendre notre temps et faire un truc bien. Et ça ne sera pas le même que le premier ni le même que le dernier. Il y aura peut-être plus de chant et ça sera peut-être plus dub. Il ne faut pas toujours faire la même chose non plus on va travailler différemment. On change , on évolue.

Niz : D'ailleurs j'ai posé la question à Vibronics tout à l'heure vous ne pensez pas qu'il y a un certaine frustration dans le milieu du dub à propos des années 70.
C'Tom : Parce que c'est beaucoup plus facile au départ, au niveau de l'audience et du public de faire un classique : ça marche toujours. même pour un chanteur sur n'importe quel classique on se pose facilement et ça marche toujours au niveau du public. Mais après quand tu fais des trucs un peu plus louche comme nous on fait, où on a souvent le cul entre 4 chaises, les gens disent que c'est trop roots ou trop électro.
Rico : Mais tout dépende de quelle mouvance tu parles, puisque maintenant ça commence plus à ce partager ou tu as vraiment les acharnés ou le dub ça ne peut que être reggae et où ça reste dans les année 70 après tu as des gens ou c'est plus à l'anglaise des années 90.
Luz : C'est pas intéressant de refaire ce qui a déjà été fait il y a 30 ans.

Après ça le débat est un peu partit en couille donc on va dire un grand merci au Dub Wiser pour leur sympathie et leur spontanéité.
Merci aux membres de Root'n'Culture pour m'avoir permis de faire l'interview